Voici une interview que j'ai donnée il y a quelques temps de cela. On me reproche souvent de donner peu de révélation, de communiquer, de donner mon avis ou de parler de moi-meme tout simplement. L'une des raisons à cela vous est expliquée par ce texte. Je dis bien "Texte" car l'interview en devient secondaire face aux déboires que j'ai pu infliger à un de mes plus grand Fan
. Cette histoire vraie ne contient pas d'images, prenez le temps de la lire, elle peut être amusante ou tragique, à vous de voir. Merci Gritche pour la publier et merci Olivier pour cette "interview".
Kal-el
C'est arrivé lors d'une soirée entre potes. En tant que grand fan de comics, j'avais lancé un pari, alors que je me débattais à corps et à cris pour la défense de "l'homme de demain".
Certains me criaient le ridicule d'un homme comme lui, son idéalisme outrancier, sa propagande pour l'impérialisme américaine, l'incrédibilité d'un "super-héros" aussi ridicule. Enfin tous les trucs qu'on bombarde à tous bouts de champs sur ce Superman.
Et moi, pris d'assaut par tous, je pourfendais d'arguments mes geôliers, pour protéger mon héros. Mais non ! Vous avez une vue étroite sur le sujet ! C'est un mythe, il est résolument moderne et positif. Il s'intègre parfaitement aux événements actuels : le cadre d'insécurité excessive partout dans le monde, le manque de courage, le manque de justice. Il est l'espoir, sa foi en la justice, son idéalisme, son énergie à donner aux gens, d'améliorer les choses. C'est un exemple, une intégrité, un modèle pour changer notre vision du monde.
Malgré mes belles paroles, il était impossible de les convaincre. Seule Jouxi, ma femme était de mon côté. Sans doute nous avions la même approche de ce héros. Pourtant nous nous me débâtions pas trop mal, mais c'était pures pertes d'énergies, plus nous argumentions plus nous prenions l'eau, ils ne changeraient pas d'opinions, la mer est salée et la tasse est pleine.
C'est à ce moment que j'ai lancé ce pari idiot et impossible. Je voulais leur montrer à tous, qu'il y avait autre chose derrière cette cape, ce personnage est génial, il me restait qu'à le prouver. C'est alors que je me suis écrié : "JE VAIS L'INTERVIEWER !"
Et tout le monde a rit…
"C'est impossible !" Disaient les uns.
"Il est trop occupé" D'autres moqueurs.
"Il n'existe pas !" Disaient d'autres incrédules encore.
Donc voilà, j'étais dans le pétrin… Comment allais-je-m'en sortir ? J'ai lancé une annonce dans un grand quotidien français. "Cherche Superman pour interview. Prendre contact à tel N°"
Je vous raconte pas tous les pervers, les dépressifs, les hommes seuls et autres espèces qui m'ont contacté… Jusqu'au jour où… Il a appelé. Oui effectivement, je n'y ai pas cru tout de suite jusqu'à qu'il me demande où je suis. J'étais à mon taf, et je causais avec un collègue. Je fumais ma clope dans le couloir des escaliers, à la fenêtre avec Greg. Quand pendant 10 bonnes secondes, j'ai perdu le signal du téléphone, enfin je pensais… D'un seul coup, Greg me prend par l'épaule et me secoue. Je me retourne vers lui. "Mais arrête, je savais que tu m'aimais bien mais quand même ! J'suis marié !!" Lui dis-je en plaisantant. Gregory est grand, nerveux, timide avec un bouc sur le menton qui le rend plus sévère qu'il ne l'est réellement, une sensibilité ignoré par lui-même d'ailleurs. D'un humour décapant, il passait son temps à m'asticoter pour un oui ou un non, notre sport favori pour être honnête. Mais il se passait quelque chose, il était blême...
"C'est quoi ce bordel !" dit-il. Il regardait par la fenêtre et restait coi.
Aussitôt je me retourne et que vois-je ? Impossible ! Superman ! Il était là devant nous, avec un téléphone à la main, me souriant !
Je bredouilla. Greg, je je te présente euh Superman.
Aaah… m'a répondu Greg.
Il me dit : "Pas de problème pour l'interview. Où veux-tu qu'on se voit ?"
Ben, euh je sais pas… J'étais pétrifier. Un moment je n'y ai pas cru, je me frottais les yeux. Je regardais Greg immobile silencieux. Je regardais Superman, qui souriant, attendait patiemment.
Tu veux peut être aller ailleurs. m'a demandé le fils de Krypton.
Non, non, attends j'appelle une copine et je te dis quoi. J'avais répondu sans réfléchir à un homme capable de voler et m'emmener à l'autre bout de la terre. Ma culpabilité immuable de quitter l'entreprise avant l'heure avait fait son œuvre. Après avoir appelé Angela, je lui expliquais la situation et j'écourtais mon appel. C'est impressionnant comme ce type peut déplacer les foules, comme de la glue sur le papier à mouche. Aussitôt un nombre de curieux se sont rappliqué en moins de 2 mm, tout le monde c'était accumulé autour de moi, en bas, dans les rues. Certes, il est rare de rencontrer un homme volant à 15 mètres du sol, mais tout de même, de la décence ! C'est Superman !!
Je lui notais sur un bout de papier l'adresse et l'heure du rendez-vous. J'ai eu du mal à le croire quand il a accepté...
Superman me dit : Pas de problème, j'y serai, à moins d'un empêchement de dernière minutes.
Toute la journée, j'avais la banane jusqu'aux oreilles. Tous mes collègues n'en revenaient pas. C'est alors que les choses ont commencé à se compliquer. Virginie est venu me voir, aussitôt elle m'a posé des questions. Mais tu m'avais pas dit que tu le connaissais. Il est incroyable, qu'est-ce qu'il dégage...
Voilà, j'avais mon rendez-vous mais j'avais 2 jours à tenir. Pendant tout ce temps, je fût harceler de questions autour de moi, je vivais l'enfer. J'avais beau me débattre la moitié de la société était après moi. D'autres, plus méfiant rester à distance. Tous mes collègues étaient sidérés sauf peut-être Sylvain. Après avoir jetés une bonne douzaine de journalistes, les choses se sont calmées. Ensuite, sont venus les réflexions.
"Tu vas le rappeler, il pourrait faire les carreaux en moins de secondes pour le dire.
Il pourrait garder la salle des serveurs, la nuit entre deux attaques d'extra terrestres !
Il pourrait poser en photo pour notre site !"
J'étais désolé, Je n'en pouvais plus ! STOP, je ne le connais pas ! C'est un hasard ! Il n'y a rien entre lui et moi. Superman n'est pas du genre bavard, à communiquer sur sa personne... Mais, l'homme d'acier a bien voulu me donner deux minutes de son temps pour prendre rendez-vous, pour une interview seul à seul, honnêtement je n'ai jamais pensé qu'il aurait pu répondre. Je ne peux pas le rappeler, je n'ai pas son téléphone et son numéro était masqué ! Il s'est envoler, et je ne sais même plus si je l'ai pas rêvé !
Virginie prête à ce damner pour le rencontrer. Greg me posais des questions sur sa biographie, d'où il venait, quel force est-il capable de soulever, comme si j'était devenu son agent attitré. Seul Sylvain, fidèle à lui même, ne laissait voir sa curiosité. Mon boss a même voulu manger avec moi. Sur les 2 jours écoulés, je n'avais plus aucune tranquillité. Jusqu'à chez moi, des journalistes trop curieux venaient frapper à la porte pour en savoir plus. Je passais sur toutes les chaînes télé et Internet, l'enfer pour moi venait de naître, tous cela pour une misérable interview avec Superman. Lors du pari, une copine m'a engagé son appartement pour la durée de l'interview. Tout en haut d'un superbe Duplex au cœur de Paris, son appartement, à ciel ouvert, donne sur une terrasse. Elle me laissait le temps de pouvoir jouir d'une vue magnifique de Paris. En même temps, je pouvais scruter suffisamment bien pour voir notre héros arriver.
En même temps, par miracle, j'avais réussi à garder le secret du lieu de notre rencontre. Virginie avait bien essayer, mais j'ai tenu, je restais ferme. Seule ma femme et mes amis du pari étaient dans la confidence. Mais j'étais surveillé, mes moindres gestes étaient devenu suspects pour tous les journalistes. Heureusement pour moi personne ne connaissaient le nom de mes amis. Les journalistes ont pu remonter jusqu'à mes anciens collaborateurs. Le passage vers ma vie privé résistait aux intrus. Mes parents, ma famille, nous étions harcelés. Mais je ne me faisais aucune illusions c'était une question de jours voir d'heures. Pour le rendez-vous, nous avons du user d'une stratégie sévère pour occuper les gens. Pour pouvoir prendre la tangente, je me suis déguisé en une femme. Plutôt jolie, vu ma carrure de Dieu grec sans les muscles. Avec des talons aiguilles, je sais pas encore comment elle font pour marcher avec ses instruments de torture. Maquillé à outrance, on aurait pu me confondre sur le trottoir avec bozo en trans ou une pute en fin de carrière. Je sais, j'aime bien Superman mais quand même... J'ai des limites !
Quand je suis arrivé(e) en taxi et qu'il m'a déposé(e) en bas du quartier de l'appart d'Angela. J'étais à mille lieues de m'imaginer qu'il pouvait y avoir des caméras.
Faut que je vous explique, Angela est réalisatrice d'émissions de Real-TV. Et elle n'a pas pu se retenir...
Il y avait bien 20 caméras, de tous côtés, un jeune présentateur était là. Des barrières métalliques avait été installé tout autour de la zone. Une foule d'hystériques était amassée tout du long du trottoir que je foulais avec mes foutus talons aiguilles. Je cherchais Angela du regard sans la trouver. Le jeune blanc-bec de présentateur était devant à m'attendre. Il n'allait pas être déçu du voyage.
Il me demandait :
Alors Olivier, vous êtes prêt ?
- Tu veux voir mon cul ? lui répondais-je énervé.
Très vite, je trouvais les escaliers. J'avais pris un énorme sac à mains contenant des fringues de rechange. Je ne pouvais imaginer, me présenter devant lui habiller dnas cet acoutrement. Je ne sais pas comment il l'aurait pris...
Arriver en face de la porte, Angela attendais. Je bondissais littéralement devant elle. Comment as-tu pu ? Elle m'arrêta aussitôt. Mais je ne t'ai pas trahi. Me dit-elle avec assurance. Je n'ai fait entrer aucune caméra, je te le jure. Je devais te fournir juste l'appartement pour toi et ton supermec.
Je grognais et j'ai du enfuir mon envie de meurtre. Elle ouvrait la porte et la refermait derrière moi. J'étais au bord de la crise de nerfs. Le sac à la main, la coiffure éclaté, le ricil répandu.
J'allais directement dans la salle de bains. Je me regardais dans la salle de bains et me pris d'un fou rire incontrôlable. Instinctivement, je regardais derrière la glace, histoire de voir si il n'y avait pas de caméra. Je n'avais plus confiance en personne. Il me restait une demi-heure avant le rendez-vous. Je pris une douche, et décidait de m'habiller, impossible de trouver mon falsard. Je cherchais dans tous les sens du sac, dans les armoire vide d'Angela. Rien. Le pantalon avait du tomber lors de mon excursion ténébreuse.
Il me restait plus que 3 solutions.
Apparaître en slip ou avec une serviette autour de la taille.
Me montrer en Jupe moulante.
Ou me cachant en slip derrière une table sachant que Superman voit à travers à peu tout sauf le plomb. J'allais voir si ses pots de fleur était en plomb, mais il y a que dans les films à gros budgets que vous voyez ça. Je décidais d'arracher la jupe et de mettre des épingles à nourrice pour la fermer. C'est vraiment pas simple à faire. Des épingles, j'en avais trouver dans la commode à bijou. Je ne pensais pas qu'Angela avait ce genre d'ustensiles à couture. Tant bien que mal, j'ai finis par y arriver.
Il est difficile de s'imaginer être en face de Superman surtout en short ballant. Du coup j'ai essayé de relativiser.
"Il y a dehors, une icône qui va pas tarder à pointer son nez. Tu es ridicule et lui en costume bleu et rouge. Essaye de ne pas rire, il est en bleu ok avec un slip rouge ok mais bon, le bleu c'est joli et toit tu es en short avec des épingles à nourrices."
Bref, j'étais un peu, euh nerveux avant qu'il ne débarque, enfin il n'est pas du genre à débarquer, euh apparaître serait plus juste. Je pensais pouvoir le voir arriver tranquille, j'étais installé au bord de la rambarde, quand tout à coup
Superman en me souriant : "Je suis ici, bonjour, hum joli short"
Moi dans le même ton : Joli costume !
Superman (souriant) : Merci, cela vous arrive souvent ?
Moi : Et vous ? Désolé, j'ai eu une soirée mouvementée.
Superman : Ce n'est pas facile de me contacter...
Moi : A qui le dites vous !
Tout d'abord, il est beaucoup plus grand que l'on peut imaginer… 1,95 m, une prestance, une aura, des yeux perçants, un visage tranquille qui respire la sincérité et l'honnêteté. Vous vous sentez un peu… petit. J'ai bien pris une bonne minute à n'en remettre. Croyez-moi si vous le voulez, mais quand il est arrivé, j'ai oublié le costume et tout le reste, on est plus qu'intimidé, il est là, point. On voit les choses différemment après.
Superman : Par où on commence ?
Moi : Euh oui, excusez-moi, c'est que, j'ai pas l'habitude, j'avais tout préparé mais je suis un peu désorienter. Je cherche mes notes...
Je regardais partout autour de moi.
Superman : Ce n'est pas grave, tenez, elles étaient dans sur la table.
Il me tend mes notes. Lui, Superman
Moi : Merci, tout d'abord, je suis honoré de votre présence. Je ne pouvais songer un seul instant que vous alliez m'accorder de votre temps. D'ailleurs pourquoi moi ?
Superman : Je ne suis pas ici pour me glorifier face au monde, ni pour moi. Par coïncidences serait plus juste. Il se trouve que j'étais pas loin de vous lorsque vous avez fait votre pari. En général je me ferme face aux bruits extérieurs affluents constamment. Mais ce soir là, je vous ai entendu. J'ai décidé de vous répondre. Vous aviez l'air sincère et honnête, ce qui, par les moments qui courent, sont des qualités rares ! Dit-il en me souriant.
Moi : Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de chaînes et de médias divers qui ont voulu m'acheter... Même un journal érotique a voulu me faire caser une question euh d'ordre technique.. Mais aujourd'hui je ne sais même plus si je vais la publier enfin... Je vais attendre que les choses se tassent.
Superman : La prochaine fois, je ferais plus attention quand je contacterai quelqu'un. Désolé
Bientôt la suite..